Le Die-in est un évènement symbolique (au même titre qu’un Sit-In ou un Bed-In) à caractère théâtral. En 1976, l’organisme Le Monde à Bicyclette a organisé un Die-in pour la première fois à Montréal. Cet organisme, mené par Claire Morissette (1950-2007) et Robert Silverman, a sans relâche milité pour légitimer la présence des cyclistes, principalement dans les rues de Montréal, en organisant des cyclos-drames revendicateurs et sympathiques, mettant ainsi de l’avant un discours anti-auto et pro transport actif.
À cette époque, une cinquantaine de militants s’étaient rassemblés pour protester contre l’omniprésence absurde de l’automobile dans notre société. En signe d’opposition, ils s’étaient étendus sur le sol au coin des rues Sainte-Catherine et University, symbolisant ainsi la conséquence la plus fâcheuse de l’automobile : La mort. Dans la préface du livre « Deux roues, un avenir » de Claire Morissette publié aux Éditions Écosociété, Robert Silverman décrit avec émotion l’ambiance de cette journée d’automne de l’an 1976 [1]. L’événement a par la suite eu des répercussions ailleurs sur la planète et on raconte que quelques années plus tard, ils étaient près de 10 000 à s’étendre dans les rues d’Amsterdam…
En septembre 2006, plusieurs écomobilistes ont décidé de réorganiser l’événement, soit exactement 30 ans après le premier, à la même intersection, dans le cadre de la Journée Internationale Sans Voiture. Plus de 300 personnes étaient présentes, incluant divers médias, photographes et réalisateurs. Claire Morissette et Robert Silverman nous ont fait l’honneur d’être parmi nous et ce fut un événement symbolique et historique à franc succès.
Cette année, en 2010, c’est le Collectif Montréal À Vélo (MAV), collectif s’inspirant directement du Monde À Bicyclette (MAB) et dont plusieurs membres étaient de l’organisation du Die-In de 2006, 2007 et 2008, qui a décidé de réorganiser l’événement dans le cadre de la Journée Internationale Sans Voiture. Encore une fois, c’est en se penchant sur les statistiques que nous avons constaté l’ampleur des dégâts et avons décidé de sensibiliser la population montréalaise à ce sacrifice humain accepté de notre société, tout en lui rappelant qu’une autre ville est possible…